Les Fontaines et Abreuvoirs

            Certains Férois privilégiés avaient fait creuser des puits dans leur propriété et s'en servaient pour leurs besoins domestiques, si l'eau était reconnue potable, et arroser simplement leurs jardins, dans le cas contraire.

            Mais la presque totalité de la population avait recours aux fontaines anciennes alimentées par les eaux de la montagne de Seringes. Ces fontaines étant nettement insuffisantes, les divers municipalités ont fait effectuer de nouveaux

captages et des bornes fontaines et bouches d'eau ont été installées: en 1882, il a été décidé de créer une commission

chargée d'étudier la question dans son ensemble.

           Cette commission ayant remis son rapport, la séance importante du Conseil Municipal du 30 mai 1882 entérina

ses conclusions dont les principales dispositions sont reproduites ci-après:

              

                a) Maintien de 3 anciennes fontaines.

           Sont maintenus dans leur état actuel la fontaine Malet, le trop plein de la rue des Ribauds et la fontaine Millient dont

le tuyautage est à la charge du propriétaire de la maison. Notons que dans la séance  du 20 Avril 1883, le conseil a

décidé d'adjoindre un abreuvoir  à la fontaine Malet  (angle des rues des Ribauds et Jean Jaurès)

              

                 b) Suppression de la fontaine de la grande place.

           Les raisons données pour le maintien ou la suppression de cette fontaine sont aberrantes, lorsqu'on les énonce

avec un recul d'un siècle ; qu'on en juge plutôt dans les considérations mentionnées dans la séance du 30 Mai 1882:

           <<Considérant que les allées et venues des bestiaux par groupes constituent une gêne pour la circulation et

un danger pour les piétons,

            Considérant que les règlements de police sur la matière sont d'une application difficile,

            Considérant que le fonctionnement vicieux du trop plein ou du tuyau de décharge est cause, en hiver, de la présence de glaces qui apportent une nouvelle entrave à la circulation....>>

            Le conseil, en conclusion, a alors décidé la suppression de cette fontaine, et son remplacement par de petites vasques ou des bacs en pierre adaptés aux 4 bornes fontaines

            M. Henry faisant partie du conseil eut beau faire des observations et rappeler à ses collègues que <<les raisons

hygiéniques, qui ont décidé autrefois l'établissement du bassin, subsistent toujours et qu'il y a là; en quelque sorte,

pour les propriétaires de bestiaux, une situation acquise avec laquelle il importe de compter, que l'utilité des abreuvoirs au point de vue de l' hygiène de nos grands animaux domestiques a été reconnue dès la plus haute antiquité au double point de vue de l' aération et de la calorification du liquide; que cette utilité a été si bien démontrée qu'aujourd'hui les

moindres villages comme les plus grandes villes, s'empressent d'en doter leurs places publiques au prix des plus grands sacrifices>>

            Rien n'y fit et le Conseil, par 9 voix contre 1, vota la suppression de la fontaine.

            Heureusement, à la suite de nouvelles élections en 1884, et sur un nouveau rapport de M. Henry, qui faisait partie du nouveau Conseil, les anciennes eaux de la montagne de Seringes rentrèrent en faveur, et la fontaine de la Grande Place

ne fut pas supprimée; dans un avis du 26 Septembre 1904, le Maire, rappelant l'arrêté du 7 Mai 1826, faisait connaître

qu'il était interdit la faire abreuver les chevaux aux fontaines, à l'exception de la fontaine située sur la place << pourvu

toutefois que les chevaux ne soient point attelés>>

            Par ailleurs, les fontaines de la place de la poterie (Place de la République) et de la Déesse rentrèrent en grâce et

l'eau provenant de la montagne de Seringes coula de nouveau.

               

                  c) Enumération des bornes fontaines:

            Le Conseil Municipal dans cette même séance du 30 Mai 1882 entérina les conclusions de la commission et donna la liste officielle, liste complétée par l'adjonction d'un abreuvoir pour les fontaines n° 1, 6, 9 et 15

 

Abreuvoir N°

 

1                                     Rue de l' Etang                                 Maison Delustin

2                                     Rue de l' Etang                                 Maison Levasseur

3                                     Rue de l' Eglise                                 Maison des Soeurs de l' Enfant Jésus

4                                     Chemin de ceinture                        Mur du Cimetière

5                                     Rue du Pont                                       Fontaine Floirac

6                                     Place Jean de Coincy                     Mur de Bonnefoy

7                                     Chemin du moulin à Tan              Maison Quentin

8                                    Rue du Moulin                                   Maison Guet

9                                    Rue du Moulin                                   A la croix

10                                  Rue de Sergy                                     Maison Leclère

11                                  Grand' Rue                                         Maison Emile Remy

12                                  Grand' Rue                                         Petite place en face Maison Masson

13                                  Grand' Rue                                         A la Déesse

14                                  Grand' Place                                      Coin de la Halle (en bas)

15                                  Rue du Château                                Maison Guérin

 

               Cette liste a été complétée, lors de la séance du 1er Décembre 1882  l'installation de 2 nouvelles bornes fontaines:

                       - Une rue de Seringes,

                       - Une au Pont contre la Maison Turlure.

             Par ailleurs l'abreuvoir installé à la croix (la Déesse), rue du Moulin, a été reporté à l'angle des rues de Seringes

et de Sergy par décision du Conseil du 26 Juin1890 puis remonté de 40 mètres vers le haut de la rue  par décision du

Conseil du 20 Août 1896.

             

               d) les bouches d'eau:

           Les bouches d'eau recensées étaient au nombre de  20.

           Au point de vue de la réglementation, un arrêté municipal du 5 Janvier 1883  (et dans un avis du 22 octobre 1904)

rappelait l'interdiction du lavage sur place à l'eau des bornes fontaines et des bouches sous les trottoirs, soit du linge,

soit d'autres objets, ainsi que le nettoyage des voitures sur la voie publiques.

           

Source: Henri Prieux, tome 1, chapitre VIII


Source collection Jean Jacques Hoquet et Dépôt Ines Mabon